( AFP / INA FASSBENDER )
"Même si l'industrie automobile n'aime pas l'admettre, les normes CO2 définies par l'UE ont permis à des centaines de milliers d'Européens d'avoir accès à des voitures électriques plus abordables", selon l'ONG Transport et environnement (T&E), à l'origine du rapport publié ce jeudi 12 mars.
Bonne nouvelle pour les automobilistes. Le prix moyen des voitures électriques vendues dans l'Union européenne a baissé pour la première fois depuis 2020, pour s'établir à 42.700 euros, selon un rapport publié ce jeudi 12 mars.
A l'origine de cette étude, l'ONG Transport et environnement (T&E) fait état d'une baisse de 1.800 euros en moyenne entre 2024 et 2025, qui "contraste fortement avec la hausse" de 5.000 euros "qui avait eu lieu entre 2020 et 2024". Elle l'explique par l'arrivée de véhicules plus abordables dans le "segment B" des citadines polyvalentes électriques, comme la Citroën e-C3 et la Renault 5.
L'ONG estime que les objectifs climatiques de l'UE en 2025 ont poussé les constructeurs à proposer davantage de modèles compétitifs. Elle appelle Bruxelles à renoncer à l'assouplissement des normes CO2 dans le secteur automobile, dont débattront mardi les ministres de l'Environnement des Vingt-Sept. "Même si l'industrie automobile n'aime pas l'admettre, les normes CO2 définies par l'UE ont permis à des centaines de milliers d'Européens d'avoir accès à des voitures électriques plus abordables. Si l'UE ne revoit pas l'objectif 2030 à la baisse, la parité de prix à l'achat (entre électriques et thermiques) est à portée de main", assure Bastien Gebel, l'un des responsables de Transport et Environnement. Selon l'ONG, plusieurs constructeurs, représentant la moitié du marché, ont déjà atteint leur objectif de réduction des émissions de CO2 pour la période 2025-2027. Seuls Renault et Volkswagen sont en retard pour le moment, mais ils devraient eux aussi y parvenir d'ici fin 2027, affirme T&E.
L'industrie automobile européenne voudrait encore des concessions
La Commission européenne a proposé de renoncer au tout électrique à partir de 2035, qui était une mesure environnementale phare du précédent mandat. A la place de l'interdiction des voitures neuves à moteur thermique ou hybride qui était prévue en 2035, les constructeurs devront réduire de 90% les émissions de CO2 de leurs ventes par rapport aux niveaux de 2021, et compenser les 10% d'émissions restantes. Les constructeurs du Vieux Continent réclamaient des "flexibilités" depuis des mois, alors qu'ils sont plombés par leurs concurrents chinois, dont BYD, qui voient leurs parts de marché s'envoler avec leurs modèles électriques aux prix attractifs.
Et l'industrie automobile européenne voudrait encore des concessions, notamment un nouvel assouplissement de l'objectif intermédiaire de 2030. Le lobby automobile européen ACEA souhaite étaler cet objectif sur cinq ans, contre trois proposés par la Commission européenne, une perspective déjà critiquée par Transport et environnement. Les constructeurs s'exposent à des amendes s'ils ne respectent pas leurs objectifs de réduction des émissions de CO2.
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